Déconstruire les préjugés sur l’immigration
Comment l'immigration apporte bien plus qu'on ne le croit à notre société !
En tant qu’entreprise en Gestion Participative à Démocratie Directe depuis 1949, le groupe Terre organise plusieurs types de d’animations internes pour permettre aux travailleur·se·s d’être acteur·rice des décisions de leur entreprise.
Dans ce cadre, nous organisons des animations sur une thématique de société (les dispositifs proposés permettent l’éveil de l’esprit critique face à des enjeux de société, l’acquisition de nouvelles connaissances, le partage d’expériences et l’échange) : c’est notre petit déjeuner thématique.
Beaucoup de personnes travaillant dans nos entreprises sont de nationalités ou d’origines étrangères (27 nationalités et 45 origines étrangères au total !), c’est pourquoi nous avons décidé de consacrer une animation thématique à ce sujet.
Se pencher sur l’histoire de la migration, découvrir les parcours des travailleur·se·s du groupe ont permis de remettre en question certains préjugés que l’on peut avoir sur l’immigration. On fait un petit tour du monde ensemble ?
Depuis que l’espèce humaine a vu le jour, le phénomène de migration fait partie de son ADN. Certes, les facteurs qui ont poussé au départ à migrer n’étaient pas d’ordres économiques ou politiques, la raison était bien plus simple que ça : aspirer à des conditions de vie meilleures.
Aujourd’hui, plusieurs facteurs font qu’une personne migre d’un pays à un autre. On parle de causes volontaires :
• Recherche d’opportunités de travail et de revenus
• Meilleures conditions de vie
• Études ou emploi qualifié
Ou de causes forcées ou contraintes :
• Conflits armés
• Persécutions politiques ou religieuses
• Catastrophes naturelles ou changement climatique
• Besoin de protection internationale
Et oui, quitter son pays, sa famille, son quotidien, ça ne se fait pas par gaieté de cœur : c’est bien parce qu’il n’y a plus d’autres choix ! Fin 2021, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugié·es (HCR), le nombre de personnes déracinées par la guerre, les violences, les persécutions et les violations des droits humains s’élevait à 89,3 millions, soit une augmentation de 8% par rapport à l’année précédente. Il faut savoir qu’en 10 ans, ce chiffre a doublé !
Plus localement, Au 1ᵉʳ janvier 2024, la population belge était d’environ 11,76 millions de personnes, dont 1,60 million d’étrangers (personnes sans nationalité belge), soit 13% de la population seulement. Avec ces chiffres, pourra-t-on encore dire que nous sommes envahis par les migrants ?...
Cela étant dit, on peut malgré tout entendre dire : « Ils sont un danger pour notre économie ! » ou encore « Ils volent nos emplois, ils prennent notre place ! ». Savons-nous seulement que la majorité des études montre qu’un épisode de migration massif entraîne une croissance économique dans le pays d’accueil ?
Comment ?
Les personnes qui arrivent sont souvent en âge de travailler et peuvent donc participer à l’économie du pays. Qui dit travailler dit également participation aux cotisations sociales : ce qui permet de garantir notre système de sécurité sociale et de payer notamment, les pensions.
Pas de migration = un système de sécurité sociale qui coûte plus cher pour tous·tes.
Autrement dit, si les politiques d’intégration des migrant·es, tout comme les politiques d’accueil des demandeur·euses d’asile, peuvent être coûteuses à court terme, elles sont aussi créatrices d’emploi et sources de consommation en parallèle. Et sur le long terme, elles permettent aux États de récolter les avantages économiques de l’immigration.
Et sur le fait qu’ils "prennent" nos emplois ?
Nous serions bien étonnés du contraire : l’immigration permet de créer plus d’emploi et amène à une plus grande production !
Comment ?
Le nombre d’emplois dans un pays n’est pas fixe : plus il y a de personnes qui contribuent à produire des biens et services, plus il y aura de consommation et donc de production.
C’est un cercle vertueux. L’immigration a donc un effet positif sur l’emploi et les salaires !
De plus, les migrant·e·s ont tendance à occuper des emplois que les Belges ne peuvent pas ou ne veulent plus occuper et qui sont pourtant déterminants pour la société.
C’est le cas au sein du groupe Terre : chargeurs sur les camions de collecte de papier/cartons/PMC/textile, trieur·se au centre de tri textile Terre, ces métiers sont nécessaires pour notre société mais n’attirent malheureusement pas toujours un public belge.
Sans eux, il nous serait plus difficile de proposer ces services. Sans eux, certaines de nos entreprises n’existeraient peut-être plus.
Et pour cause, au sein du groupe Terre, on compte près de 45 nationalités : qu’ils proviennent d’Europe, d’Afrique ou encore du Moyen-Orient, ils sont ici pour une raison : travailler, avoir un salaire et une vie normale, comme tout le monde.
Travailler au sein du groupe Terre ou dans une autre entreprise, quelle est la différence ?
- L’insertion socio-professionnelle : nos entreprises accompagnent ces travailleur·se·s dans les démarches administratives ou de régularisation de leur statut, au travers de l’emploi.
- La gestion participative en démocratie directe : notre système permet à tout un chacun·ne de prendre part aux décisions stratégiques et opérationnelles de son entreprise, peu importe son niveau de fonction.
- Des entreprises en économie sociale et solidaire : le fait que nos entreprises soient en économie sociale et solidaire permet à ce que les bénéfices générés soient réinjectés pour créer plus d’emplois.