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06 March 2026

Quand la vie vacille : lutter pour plus de dignité

La précarité, plus de personnes touchées : rencontre avec le service social de Fleur.


 
Le groupe terre rassemble une dizaine d'entreprises à économie sociale et solidaire dans les domaines du réemploi, construction, alimentation durable ou encore, de l'aide sociale. Toutes les entreprises sont en gestion participative à démocratie directe. Parmi ces entreprises, on compte notamment Fleur Service Social qui agit contre la précarité depuis 1980.
Chez Fleur Service Social, des travailleur·se·s sociales agissent tous les jours pour permettre à des personnes en situation de précarité de vivre dignement : retrouver un logement sain fait clairement partie de leurs missions. Mais leur travail ne se limite pas à cela, c’est l’accompagnement de A à Z qui fait la réussite de la mission sociale.


En Belgique, la précarité touche bien plus de personnes qu’on ne l’imagine. Selon les dernières données de Statbel, plus de 2,1 millions de personnes – soit environ 18 % de la population – vivent aujourd’hui avec un risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Derrière ces chiffres, il y a des parcours de vie fragilisés : 

  • Des familles monoparentales qui peinent à joindre les deux bouts,
  • Des personnes sans emploi,
  • Des travailleurs précarisés ou encore des personnes isolées confrontées à une rupture de vie.
     

« Quand on parle de précarité, on pense souvent uniquement à l’argent. Mais la réalité est beaucoup plus large », explique une travailleuse sociale. « On rencontre des personnes qui ont perdu leur logement, d’autres qui vivent dans un logement insalubre ou qui n’arrivent plus à gérer toutes les difficultés qui s’accumulent. »

 

La précarité, une réalité qui touche des profils très différents

Les statistiques montrent que certains publics sont plus particulièrement exposés. En Belgique, plus d’un tiers des familles monoparentales vivent dans une situation de pauvreté ou d’exclusion sociale. Le risque est également très élevé chez les personnes sans emploi : près de 68 % des chômeurs sont confrontés à la pauvreté ou à l’exclusion sociale, contre environ 6 % des travailleurs.


Le niveau d’éducation joue aussi un rôle important. Les personnes peu diplômées sont trois fois plus exposées à la pauvreté que celles ayant fait des études supérieures.
Et même le travail ne protège pas toujours complètement : en Belgique, plus de 4 % des travailleurs vivent malgré tout sous le seuil de pauvreté.


« Il n’y a pas un seul profil type », explique la travailleuse sociale. « On rencontre des jeunes qui ont quitté leur famille trop tôt, des personnes qui sortent de prison, des gens qui ont vécu un accident de vie, une séparation, une maladie… »


Le logement, première étape pour se reconstruire

Pour beaucoup de personnes en difficulté, tout commence par la perte ou l’instabilité du logement. Sans adresse stable, il devient presque impossible de régler les autres problèmes : trouver un emploi, suivre une formation ou même effectuer certaines démarches administratives. « Le logement, c’est vraiment la base », explique une travailleuse sociale. « Quand quelqu’un retrouve un endroit stable où vivre, on peut commencer à reconstruire le reste. »

Mais cette reconstruction demande du temps et de la confiance. 

« Au début, certaines personnes sont très méfiantes. Elles ont souvent été déçues ou jugées. Notre rôle, c’est d’abord d’écouter et de comprendre ce qu’elles traversent. »


Le changement est possible

Certaines rencontres marquent particulièrement les travailleuses sociales : « un homme arrivé après une période extrêmement difficile. Ancien consommateur de drogue, il venait de sortir de l’hôpital après une amputation du bras.» « Quand il est arrivé, il avait déjà vécu énormément de choses. Mais on sentait aussi qu’il voulait vraiment s’en sortir. »

Les premiers mois sont fragiles. Il faut réapprendre à gérer le quotidien, retrouver des repères et reconstruire une stabilité

« On avançait étape par étape. Il y avait des moments de doute, mais il s’accrochait. Il payait son loyer, il faisait des efforts. »

Pour les travailleuses sociales, ces parcours rappellent que le changement est possible même si l’ouverture semble mince.  « Ce sont des histoires qui nous marquent. Parce qu’on voit quelqu’un reprendre confiance petit à petit. »


Redonner confiance et retrouver une stabilité

Dans beaucoup de situations, l’accompagnement dépasse largement la recherche d’un logement. Il s’agit aussi d’aider les personnes à reprendre confiance en elles et à retrouver une forme de stabilité. 

« Parfois, le plus important, c’est simplement de montrer à quelqu’un qu’il n’est pas seul. »

Chaque avancée compte : une facture payée à temps, un logement remis en ordre, une formation entamée, une relation familiale qui se répare. « Quand une personne recommence à faire des projets, même petits, c’est là qu’on sait qu’elle va mieux. »


Chaque témoignage renforce l’importance de l’accompagnement humain et de la solidarité. Derrière les chiffres sur la précarité se trouvent des vies, des familles, des jeunes et des adultes qui cherchent simplement à retrouver stabilité et dignité
 

À travers le service social de Fleur, ces personnes peuvent reconstruire un quotidien où vivre dignement n’est plus un luxe mais un droit. Comme le rappelle une travailleuse sociale :
« Notre travail, ce n’est pas seulement trouver un logement ou régler des papiers. C’est redonner confiance, créer du lien et permettre à chacun de reprendre sa vie en main. »
 

Vivre dignement n’est pas un idéal abstrait : 

c’est une réalité que le groupe Terre s’efforce de rendre accessible à tous, pour que personne ne soit laissé sur le côté. 

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