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12 March 2020

Les petits déjeuners thématiques, des réunions pour penser plus loin que le bout de notre nez

Vous en connaissez beaucoup des entreprises où les travailleur·se·s se rassemblent pour discuter de questions de société? Où le personnel a l’occasion, pendant ses heures de travail, de s’informer sur les enjeux du monde actuel, de se questionner sur ses représentations, de réfléchir à des comportements citoyens et responsables ? Des entreprises où l’on n’est pas là seulement pour travailler, mais aussi pour participer à un projet de société ? Ne cherchez plus, cette entreprise, c’est le groupe Terre !

Le groupe Terre est surtout connu pour ses activités de récupération, des activités utiles à la société qu’il a développées avant tout afin de créer des emplois stables pour des personnes éloignées des circuits traditionnels de l’emploi. Derrière ce premier objectif, s’en cache un autre encore plus essentiel.

Insertion : former des travailleur·se·s ou des citoyen·ne·s ?

Dans un parcours d’insertion, l’emploi représente certainement une étape essentielle, mais – à nos yeux – pas suffisante. Notre démarche d’insertion vise à former des citoyen·ne·s actif·ve·s, à même de prendre leur place dans le monde. Prendre sa place, cela signifie s’informer, chercher à comprendre le monde dans lequel on vit, s’interroger de manière critique, faire des choix, participer au débat, défendre ses idées, accepter qu’il puisse y avoir d’autres points de vue, respecter les autres, faire valoir ses droits tout en assumant ses devoirs.

Prendre sa place, cela doit pouvoir se faire dans la vie privée, mais également au travail. Il n’y a pas de raison que la démocratie reste à la porte de l’entreprise. Voilà pourquoi les entreprises du groupe Terre fonctionnent selon un système de gestion participative basé sur la démocratie directe. Dans ce système, tou·te·s les travailleur·se·s ont le droit de participer à la gestion de leur entreprise et toutes les décisions importantes se prennent de manière collective.

Mais participer à la gestion d’une entreprise, ce n’est pas facile : cela nécessite des connaissances (savoirs), des capacités (savoir-faire) et des aptitudes (savoir-être). Pour les acquérir, l’ensemble du personnel suit chaque année un programme de 32 heures de formation à la gestion participative, un programme reconnu par le service de l’Éducation permanente de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Ces 32 heures de formation correspondent aux réunions organisées tout au long de l’année au sein des entreprises du groupe. Tout comme c’est en forgeant qu’on devient forgeron, c’est en participant qu’on apprend à participer. En écoutant les autres, en se confrontant aux chiffres, en donnant son avis, on apprend progressivement à prendre part à la gestion de son entreprise, à connaître les différents lieux d’informations et de décisions du groupe Terre et les questions qui sont traitées dans chacun d’eux.

Ces lieux d’informations et de décisions, nous vous les présentons à tour de rôle. Après l’Assemblée Générale, la Réunion de secteur et la Réunion Chiffres et Lettres, levons aujourd’hui le voile sur la Réunion Thématique.

La réunion thématique, c’est quoi ?

La réunion thématique fait partie des lieux d’informations et de décisions, mais à la différence des autres réunions, on y parle peu du groupe Terre et de ses activités. Le but est d’aborder des questions de société, de s’intéresser au monde qui nous entoure, aux enjeux auxquels le groupe est confronté dans son environnement, de traiter des valeurs qui nous animent. Les sujets abordés sont très divers, toujours en lien avec la charte du groupe Terre, ses missions, ses stratégies ou ses préoccupations du moment. Chaque année, un fil rouge relie entre eux les sujets abordés lors des différentes réunions thématiques.

Il s’agit également d’un moment convivial qui réunit généralement des travailleur·se·s de plusieurs entreprises du groupe, autour d’un café et d’un croissant. Il y a chaque année quatre réunions thématiques d’une heure. Elles se tiennent pendant le temps de travail et sont rémunérées.

Quelques sujets de réunions thématiques

Parmi les thèmes abordés dernièrement lors de ces petits déjeuners, on peut citer les monnaies locales (avec l’exemple du Val’heureux), les inégalités (avec un focus sur le forum économique de Davos, le rapport annuel d’Oxfam et le mouvement des gilets jaunes), le lien entre pauvreté et logement (avec des témoignages de représentants d’ATD Quart Monde et d’Habitat Service).

Dans un groupe d’entreprises qui s’est donné pour slogan « L’entreprise pour vivre dignement », il nous paraissait essentiel de réfléchir au concept de dignité, à son lien avec le travail. Ce micro-trottoir réalisé en préparation d'une réunion thématique avait pour but de lancer la discussion.

Cette année 2020 étant une année d’élections sociales, nous avons décidé de consacrer les réunions thématiques à une réflexion sur notre système de gestion participative en démocratie directe. En proposant des témoignages d’autogestion (comme ce reportage d’Un jour dans l’Info consacré à la fermeture de l’usine Salik en 1978), nous réfléchissons à nos propres pratiques, aux contraintes et aux enjeux de la participation.

Des outils favorisant la participation

Le but d’une réunion thématique, c’est avant tout de permettre à chacun·e de s’exprimer, de se questionner, de s’interroger sur ses représentations. Parfois, on donne quelques éléments d’analyse ou de théorie. On a généralement recours à des techniques d’animation variées, voire ludiques permettant au groupe de construire ensemble la réflexion. Ainsi, certaines réunions proposent un quizz, un blind-test, un portrait chinois, une réflexion en sous-groupes, ou l’utilisation d’un outil comme Mentimeter qui permet aux participant·e·s d’apporter leurs contributions en direct grâce à leur smartphone.

Et une fois la réunion terminée ?

Même si ce n’est pas une généralité, une réunion thématique peut déboucher sur des projets concrets portés par un petit groupe de travailleur·se·s. Par exemple, à la suite d’une réunion thématique sur les initiatives locales dans le domaine de l’agriculture, un potager collectif a vu le jour sur l’un de nos sites de Herstal (lire à ce sujet l’article Groupe Terre : naissance d’un potager collectif, paru dans le Journal Terre n° 158 Égalité, choix, valeurs… Donner du sens aux salaires).

Pour découvrir d’autres lieux d’informations et de décisions du groupe Terre, rendez-vous dans un prochain article.

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21 February 2020

Des réunions pour s'informer

Dans le groupe Terre, on se réunit souvent. Il y a des réunions pour s'informer, d'autres pour réfléchir ensemble, d'autres encore pour décider. Aujourd'hui, William vous présente la Réunion Chiffres et Lettres, une sorte de café du village... dans l'entreprise.

Pour en savoir plus, lisez notre article Des chiffres et des lettres pour des travailleur·se·s informé·e·s

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06 February 2020

Des chiffres et des lettres pour des travailleur·se·s informé·e·s

Les travailleur·euse·s ont-ils·elles les informations suffisantes pour gérer leur entreprise ? Dans un système participatif, chacun·e doit être au courant de la santé financière, des enjeux, de l’environnement concurrentiel de son entreprise afin de prendre les meilleures décisions possibles. Comment l’ensemble du personnel a-t-il accès à ces informations essentielles ? Les réunions Chiffres et Lettres mises en place au sein du groupe Terre servent à ça : chaque mois, partager un maximum d’informations à l’ensemble du personnel afin que tout le monde puisse participer à la gestion.

Qui est mieux placé que les travailleur·euse·s pour décider de la manière dont l’entreprise doit être gérée ? Ils·elles sont le cœur de l’entreprise, en connaissent tous les rouages ou presque ; l’entreprise est leur gagne-pain, les travailleur·euse·s y investissent une grande partie de leur temps et leur force de travail. Il nous paraît logique qu’ils·elles puissent décider de son organisation et prendre part à sa gestion.

C’est dans cette optique que le groupe Terre a construit sa gestion participative en démocratie directe : l’ensemble du personnel est impliqué dans la gestion de l’entreprise. Ce mode de gestion ne peut fonctionner qu’avec des lieux d’informations et de décisions clairement définis, organisés régulièrement. Nous vous les présentons un à un. Après l’Assemblée Générale et la Réunion de secteur, c’est aujourd’hui la Réunion Chiffres et Lettres qui est mise en avant.

La réunion Chiffres et Lettres, c’est quoi ?

Le but de la réunion Chiffres et Lettres est avant tout d’informer l’ensemble du personnel. Elle fournit des informations diverses sur les activités et la vie de l’entreprise. Elle permet de comprendre les enjeux économiques et sociaux du groupe Terre.

L’accès à une information simple, transparente et accessible à tou·te·s font partie des conditions nécessaires à la participation à la gestion de l’entreprise. Si aucune décision n’est prise lors de cette réunion, elle est néanmoins essentielle dans le processus de gestion participative : elle donne accès aux informations essentielles pour les décisions qui seront prises lors des réunions de secteur ou en assemblée générale.

Qui ?

Cette réunion rassemble tou·te·s les travailleur·euse·s du groupe Terre.

Des séances sont organisées en différents lieux et à différents moments pour correspondre aux horaires de chaque secteur. Certaines séances rassemblent des travailleur·euse·s de plusieurs entreprises du groupe.

Elle est présentée par le Président du groupe Terre ou par un animateur.

Quand ?

Elle a lieu une fois par mois sauf en juillet et en août ; cela représente un total de dix heures sur l’année. Elle se tient pendant les heures de travail et est rémunérée.

On parle de quoi ?

Les informations présentées sont diverses et variées, mais on veille à ce que l’ordre du jour soit équilibré et aborde ces trois thématiques :

  1. Le projet du groupe Terre et ses valeurs
  2. Les chiffres
  3. La vie du groupe

Quelques exemples d’informations données en Réunion Chiffres et Lettres

Le projet « groupe Terre » et ses valeurs

  • La réunion commence généralement par la présentation d’une image, d’un extrait audio ou vidéo destiné à attirer l’attention sur l’une des valeurs du groupe.
  • La Chiffres et Lettres permet d’informer le personnel sur les défis auxquels le groupe Terre est confronté, ses orientations politiques, ses choix stratégiques. Ainsi, le chantier de l’Assemblée Générale lié aux métiers de demain a été présenté en réunion Chiffres et Lettres.

Les chiffres

  • Les résultats annuels de chaque société du groupe sont présentés une fois par an. Tout au long de l’année, les résultats trimestriels sont partagés. Pour faciliter la compréhension, on utilise la symbolique des feux de signalisation (vert quand tout va bien, orange quand la situation est moins bonne, rouge si le résultat est négatif).
  • Sont également présentés les objectifs de production ou de vente que se fixent les différents secteurs.
  • L’évolution de l’environnement qui influence nos entreprises fait aussi l’objet d’une attention particulière.

La vie du groupe

  • Sont présenté·e·s les travailleur·euse·s nouvellement engagé·e·s, les recrutements en cours, les nouveaux magasins et tout événement que le groupe organise.
  • La réunion Chiffres et Lettres offre également un moment pour partager des vidéos de prévention sécurité créées par les travailleur·euse·s dans le cadre du plan de prévention afin de sensibiliser leurs collègues à certains risques d’accident.

Pour découvrir les autres lieux d’informations et de décisions du groupe Terre, rendez-vous dans un prochain article.

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09 January 2020

La réunion de secteur, pour des entreprises qui ne manquent pas d'air

Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin.

Proverbe africain

Imaginez un monde dans lequel chacun·e aurait la possibilité de donner son avis, de participer directement à toutes les décisions qui la·le concernent, un monde où chaque personne se sentirait responsable et serait considéré comme tel… ça vous semble réaliste ou complètement utopiste ?

Au sein de votre école, votre entreprise, votre club sportif, votre mouvement de jeunesse, comment les décisions se prennent-elles ? On demande l’avis de chacun·e ou seulement de quelques représentants ? Voire l’avis de personne ? Et dans l’économie sociale, comment ça marche ?

Au sein du groupe Terre, on considère que chaque membre du personnel est coresponsable de son entreprise. Ce qui veut dire que chaque travailleur·euse – quelle que soit sa fonction – a une part de responsabilité dans la gestion de son entreprise.

Mais la gestion d’une entreprise, c’est compliqué, ça demande certaines compétences, non ? Oui, bien sûr, il en faut même beaucoup et, si possible, diversifiées. Voilà pourquoi il est intéressant de mettre en commun les compétences. Même sans avoir un diplôme de gestion en poche, on a, toutes et tous, des connaissances à partager, des capacités qui peuvent être utiles au moment de prendre une décision. Le fait de mettre ces capacités en commun améliore la qualité de la gestion.

C’est sur ces principes qu’est basée la gestion participative en démocratie directe en vigueur dans les entreprises du groupe Terre. Pour la faire vivre au quotidien, on a besoin de lieux d’informations et de décisions. Chacun d’entre eux vous sera présenté successivement. Après notre article sur l’Assemblée Générale, place aujourd’hui à la Réunion de Secteur.

La réunion de secteur, c’est quoi, c’est qui ?

La réunion de secteur, pour les entreprises du groupe Terre, c’est un peu comme le conseil de classe dans une école, ou le Rocher du Conseil chez les Louveteaux ou encore une réunion d’équipe dans un club sportif. Elle réunit tou·te·s les travailleur·se·s d’un même secteur d’activités et elle est animée par le responsable de secteur.

Cette réunion a lieu une fois par mois et est consacrée à la gestion opérationnelle. C’est donc là qu’on va discuter de l’organisation du travail et du cadre de fonctionnement (les horaires, la sécurité, le bien-être au travail). C’est aussi lors de la réunion de secteur que les travailleur·se·s valident les objectifs fixés pour l’année.

Au-delà des aspects liés aux différents métiers, l’objectif est également d’apprendre à participer : prendre la parole devant un groupe, confronter ses idées, rechercher ensemble des solutions et prendre des décisions collectives sur des questions portant principalement sur les aspects concrets du travail.

Cette réunion, on la qualifie parfois de « poumon » de la gestion participative en démocratie directe. Elle est aussi essentielle pour l’entreprise que l’est un poumon pour le corps humain. C’est elle en effet qui permet à l’information de circuler, aux échanges de se faire. On peut dire en quelque sorte qu’elle apporte de l’air, fait respirer l’entreprise.

Que décide-t-on en réunion de secteur ?

Sécurité et bien-être, organisation du travail, objectifs, organisation des congés, choix du matériel… les sujets ne manquent pas. Citons quelques exemples concrets.

L’organisation des congés

La collecte de vêtements est une activité très saisonnière : nos bulles à vêtements se remplissent bien plus vite durant les périodes de congés scolaires. Il faut donc, durant ces quelques semaines, des équipes complètes pour vider les bulles plus régulièrement que pendant les périodes creuses. Mais les travailleurs de la collecte désirent eux aussi s’arrêter quelques semaines durant l’été pour passer du temps libre avec leur famille. L’organisation des congés est donc une tâche compliquée. Le sujet a été discuté lors de plusieurs réunions de secteur afin de trouver une organisation qui convienne au plus grand nombre. Plusieurs solutions ont été discutées, débattues avant que les travailleurs passent au vote et choisissent le système qui leur semble équitable.

Passage à la nouvelle collection

Dans nos magasins de vêtements, la période des soldes représente également un moment sensible pour les équipes. Pendant longtemps, tous nos magasins ont fonctionné de la manière suivante : le dernier jour des soldes, après la fermeture du magasin, le personnel retirait des rayons tous les articles non vendus pour les remplacer par la nouvelle collection. Les équipes se plaignaient régulièrement de la lourdeur de ce travail, à effectuer après les heures d’ouverture. Des solutions ont été recherchées en réunion de secteur. Une vendeuse a proposé de ne plus attendre la fin des soldes pour commencer à mettre en rayon la nouvelle collection, de remplir le magasin progressivement, tout en continuant à écouler au maximum la collection passée. L’équipe a proposé d’autres promotions à appliquer en fin de soldes. Un premier test a été effectué, il s’est avéré concluant. Le nouveau système est désormais d’application dans tous nos magasins.

Pour continuer à découvrir les lieux d’informations et de décisions du groupe Terre, rendez-vous dans un prochain article.

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15 November 2019

Une assemblée générale de travailleurs, ça change quoi?

Les entreprises du groupe Terre fonctionnent toutes selon les principes de la gestion participative en démocratie directe. Ça veut dire quoi ? Que tous les membres du personnel gèrent ensemble l’entreprise pour laquelle ils.elles travaillent. Toutes les travailleuses, tous les travailleurs sont associé.e.s à l’ensemble des décisions. Ces décisions peuvent être de différents ordres : opérationnelles (organiser le travail, les horaires, choisir le matériel…), politiques (décider d’une grille de salaires, d’une politique d’insertion…) et même stratégiques (décider du futur de l’entreprise, d’investissements, de partenariats…) Pour toutes ces questions, les membres du personnel participent au débat, donnent leur avis, alimentent la discussion et votent pour la décision qui leur paraît la plus appropriée.

En théorie, c’est génial ! Mais en pratique, dans un groupe de près de 450 travailleurs répartis sur six sièges d’activités, comment organiser ces décisions collectives sans perdre de temps en d’interminables réunions ?

Cela nécessite une bonne dose d’organisation ! Voilà pourquoi le groupe Terre a mis en place différents lieux d’informations et de décisions que nous vous présenterons au cours des prochains mois. Nous commençons aujourd’hui par un lieu fondamental : l’Assemblée Générale, communément appelée AG.

L’Assemblée Générale, c’est quoi, c’est qui ?

D’après Wikipédia, une assemblée générale, c’est « le rassemblement de l'ensemble des membres d'une organisation (ou des représentants de ces membres) afin qu'ils rencontrent les dirigeants ou les membres de son conseil d'administration et puissent éventuellement prendre des décisions. Généralement annuelles, les assemblées générales permettent aux dirigeants d'informer leurs commettants et à ceux-ci de voter sur des modifications du fonctionnement de l'organisation. Ce mode de fonctionnement est utilisé par plusieurs types d'organisations : associations à but non lucratif, syndicats, entreprises (pour leurs actionnaires ou associés) ».

Au sein du groupe Terre, l’AG, c’est bien plus que ça ! On a l’habitude de dire que l’Assemblée Générale est l’organe souverain de notre système démocratique. Elle est véritablement à la tête de l’entreprise et c’est elle qui prend toutes les décisions stratégiques et politiques (on en verra quelques exemples plus loin). Donc déjà les membres de l’AG ont un rôle bien plus important que celui décrit dans la définition de Wikipédia.

Mais ensuite, il faut préciser que notre Assemblée Générale, elle est composée majoritairement de travailleurs du groupe. Et ça, c’est plutôt rare. Tous les travailleurs du groupe – ouvrier.e.s, employé.e.s et managers – peuvent assister à l’assemblée générale, participer aux discussions, être membres de l’AG et voter.

Et quand on vote, on applique le principe « une personne = une voix ». C’est-à-dire que pour chaque décision à prendre en AG, chaque personne – quel que soit son niveau de fonction – a un carton de vote et chacun a le même poids dans les décisions qui sont prises. Ce n’est pas le cas dans une assemblée d’actionnaires ou de coopérateurs où le nombre de voix dépend du nombre de parts que détient chaque membre (plus vous avez acheté de parts, plus votre voix a d’importance).

Que décide l’Assemblée Générale ?

Si l’Assemblée Générale est dite souveraine, c’est qu’elle traite de questions capitales. Ses domaines de compétence sont fixés par les Statuts qui sont déposés au Moniteur Belge. Elle, et elle seule, peut décider des sujets suivants :

  1. les modifications aux statuts sociaux ;
  2. la nomination et la révocation des administrateurs ;
  3. la nomination et la révocation du ou des commissaire(s) ;
  4. la décharge à octroyer aux administrateurs et au commissaire ;
  5. l'approbation des budgets et des comptes ;
  6. la dissolution de l'asbl ;
  7. l’admission et l’exclusion de membres ;
  8. la transformation de l’asbl en société à finalité sociale ;
  9. l’approbation et les modifications au règlement d’ordre intérieur ;
  10. la définition de la politique générale de l’asbl sur proposition du conseil d’administration.

Voilà qui peut paraître bien abstrait. Prenons quelques exemples concrets de décisions prises en Assemblée Générale au cours de ces dernières années.

La politique du personnel

Quand on parle de politique du personnel au sein du groupe Terre, cela désigne à peu près ce que l’on entend d’habitude par « gestion des ressources humaines ». Sauf que parler de « ressources humaines », cela revient à considérer l’être humain comme une simple ressource au même titre que les autres ressources d’une entreprise. Ce n’est pas le choix fait par le groupe Terre. Plutôt que de faire de la GRH, nous développons une politique du personnel centrée autour de l’accompagnement de chaque travailleur dans son parcours professionnel.

Cette politique comprend tout ce qui concerne les descriptions de fonction, le recrutement, la formation, l’évaluation et la rémunération. Pour chacun de ces volets, l’Assemblée Générale a dressé des recommandations qui façonnent les grandes orientations suivies au quotidien.

Ainsi, conformément à la demande de l’AG, notre politique du personnel s’inscrit dans le but social et contribue à sa réalisation, notamment en préservant les valeurs humaines, en favorisant l’égalité des chances et en renforçant la gestion participative. Elle vise le bien-être des travailleurs, la pérennisation de l’entreprise et à permettre l'évolution des travailleurs.

Les métiers de demain

Un autre chantier qui occupe l’Assemblée Générale depuis 2018 concerne les métiers qui seront développés prochainement par le groupe Terre. Le groupe s’est en effet donné pour mission de « donner à chacun une place dans la société, en particulier aux personnes en situation d’exclusion et de pauvreté » et, pour cela, il a toujours misé sur une stratégie d’insertion par le travail, essentiellement dans les métiers de la récupération.

Or, le monde du travail est en train de changer profondément : l’évolution numérique influence directement nos métiers (robotisation, mécanisation) ; la récupération passe d’un secteur de niche à un marché mondialisé extrêmement concurrentiel. Pour nos activités de récupération de textile et de déchets recyclables (papier-carton, PMC, verre), nous nous retrouvons en concurrence avec de grosses multinationales dont l’objectif est loin d’être aussi social que le nôtre.

Afin de concrétiser notre vision de « participer à la création d’un monde démocratique et solidaire où chaque être humain a le droit de vivre dans la dignité, de se réaliser dans le respect mutuel et celui des générations futures », il est essentiel que l’Assemblée Générale réfléchisse aujourd’hui aux métiers et aux secteurs d’activités à développer demain, en phase avec nos missions.

L’Assemblée Générale a ainsi identifié trois secteurs potentiellement intéressants : les métiers liés à la récupération, ceux liés aux services et ceux liés à la terre. Des groupes de travail se sont constitués au sein de l’AG pour explorer ces pistes et en rendre compte auprès de l’assemblée. Nous vous présenterons prochainement les suites de cette réflexion.

Et pour découvrir les autres lieux d’informations et de décisions du groupe Terre, rendez-vous dans un prochain article.

 

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17 September 2019

Le Roi Philippe en visite à l'occasion du 70e anniversaire du groupe Terre

Ce jeudi 19 septembre, un air de fête souffle sur le parc industriel des Hauts-Sarts à Herstal. Le groupe Terre, qui célèbre cette année son septantième anniversaire, reçoit la visite de Sa Majesté le Roi. Au cours de cette visite, l’accent est mis sur l’activité de récupération des vêtements et ses enjeux, mais également sur le modèle entrepreneurial alternatif développé par le groupe Terre. La visite a tout pour séduire notre Souverain qui a exprimé à plusieurs reprises au cours des derniers mois l’intérêt qu’il porte à l’entrepreneuriat social et son souhait de lui donner une visibilité particulière.

Parcours d’un sac de vêtements

Guidé par William Wauters, Président de Groupe Terre asbl, le Souverain découvre tout d’abord le parcours d’un sac de vêtements, étape par étape. Tout commence au niveau des bulles à textile où la population dépose ses dons. Terre compte 2.500 bulles en Régions Wallonne et de Bruxelles-Capitale. Celles-ci permettent de collecter chaque année 18.000 tonnes de textile et toutes affichent le label Solid’R. Ce label, explique Benoît Gaublomme, responsable de la collecte textile, a été mis en place car la présence d’opérateurs privés, parfois sous un couvert pseudo-humanitaire, est une source de confusion dans le public. Les opérateurs Solid’R s’engagent au respect de règles éthiques et solidaires et à leur contrôle par un organisme indépendant. Ainsi, les citoyens qui souhaitent se défaire de biens au profit d’un projet de solidarité ont la certitude que ces biens seront revalorisés dans cet objectif. Ce label, belge au départ, est en train de s’internationaliser, comme en témoignent les récentes certifications d’opérateurs français et italien.

Après les bulles à vêtements, le Roi Philippe découvre la chaîne de tri avec Christian Dessart, directeur de Terre asbl et plusieurs opérateurs qui lui expliquent leur travail. Chaque vêtement est trié deux fois afin de lui donner la meilleure affectation possible. Le but est de privilégier la réutilisation, c’est-à-dire de réinsérer le vêtement sur le marché de la seconde main ; c’est le cas pour 55 % des dons. Les habits trop usés pour être à nouveau utilisés en tant que vêtements peuvent, dans certains cas, être recyclés ; 28 % des dons sont confiés à des recycleurs qui les défibrent et les réutilisent dans une fonction autre que l’habillement. Mais pour de trop nombreux dons (17 %), il n’existe aucune possibilité de réutilisation ni de recyclage. Ceux-là doivent être éliminés aux frais du groupe Terre.

Au sein de l’atelier de tri, les équipes présentent également au Souverain leur mode de gestion particulier. La dizaine d’entreprises du groupe Terre compte en tout plus de 400 travailleurs : 170 femmes et 270 hommes, en insertion professionnelle pour la plupart ; une trentaine de nationalités sont représentées ; les générations se mêlent. Et tout ce petit monde s’organise en gestion participative en démocratie directe. C’est-à-dire que les travailleurs sont directement impliqués dans le débat et la prise de décisions, qu’elles soient opérationnelles, stratégiques ou politiques. Chacun – ouvrier, employé, manager – est considéré comme coresponsable de son entreprise. Avec une telle diversité des profils, organiser le débat tient parfois de la gageure. Mais la force et la pérennité de projet Terre reposent certainement sur ce recours à l’intelligence collective pour faire face aux différents défis rencontrés en septante ans d’existence.

Retour sur 70 ans d’économie sociale et solidaire

Après la visite du centre de tri, le Roi participe à une table ronde avec des collaborateurs des différentes entités du groupe, mais également quelques fondateurs du projet Terre. Godefroid Bodeüs, Salvatore Vetro, Raphaël Ernst et José Constant sont en quelque sorte la mémoire du groupe Terre. Ils ont bien connu William Wauters, le fondateur et père de l’actuel Président. Ils sont fiers de retracer pour le Roi Philippe l’histoire d’un projet dans lequel ils se sont investis toute leur vie.

Le début des activités remonte à 1949, dans l’immédiat après-guerre. Quelques amis décident d’unir leurs efforts pour aider ceux qui sont dans le besoin : reconstruire un toit, trouver de quoi loger ou chauffer une famille, etc. Ensuite, l’économie belge se redresse et la situation quotidienne de la population s’améliore. Ces amis décident alors de s’investir ailleurs dans le monde où des gens sont dans le besoin. Partant du constat que lorsque l’économie va, tout va, ils se lancent dans des projets industriels ou agricoles. Ils souhaitent ainsi améliorer durablement les conditions de vie des populations locales.

Terre asbl est officiellement créée en 1963. Dans les années suivantes verront le jour une plâtrière en Algérie, une fabrique de vélos au Nicaragua, un soutien aux fermiers de l’île de Negros aux Philippines, entre autres réalisations. Tous ces projets sont financés par la vente de vieux papiers, vêtements et métaux collectés lors de grands ramassages en Belgique. Une dizaine de samedis par an, des centaines de volontaires de tous horizons, souvent d’origine ouvrière, se mobilisent à bord de camions prêtés par des entreprises ou des communes.

En 1973, le premier choc pétrolier plonge dans la récession de nombreux pays, dont la Belgique. Les restructurations et fermetures d’usines sont nombreuses. Beaucoup d’ouvriers qui participaient bénévolement aux grands ramassages se retrouvent sans emploi. Terre asbl se sent immédiatement interpellée. En 1980, elle opère une mutation et transforme son activité de récupération réalisée par des bénévoles au profit de postes de travail salariés. Dans le même temps, une seconde association est fondée pour reprendre les projets de solidarité internationale. Enfin, un nouveau combat pour une économie respectueuse de l’intérêt général débute. L’entreprise à finalité sociale en est la clé de voûte. En effet, chaque fois qu’une entreprise abandonne la logique exclusive de profit pour viser l’intérêt général, elle devient une brique dans la construction d’une économie respectueuse des gens et de leur environnement.

Depuis 1949, chaque génération a mené le projet Terre avec la vision de participer à la réalisation d’un monde démocratique où chaque être humain peut se réaliser dans la dignité, le respect mutuel et celui des générations futures.

 

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05 November 2018

La démocratie dans l'entreprise, une forme de résistance

Le dialogue au sein des entreprises du groupe Terre est une valeur essentielle pour décider de directions répondant à l’intérêt général.

À la différence de ce qui existe généralement dans l’économie traditionnelle, le groupe Terre organise le dialogue en impliquant directement l’ensemble de ses travailleurs dans le débat et la prise de décisions d’ordre stratégiques, politiques et opérationnelles. Nous l’organisons via la gestion participative en démocratie directe.

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19 October 2018

Récol'Terre : Une réunion d'équipe sur les accidents de la route

Dans le cadre d'une réunion d'équipe sur le thème des accidents de la route, les travailleurs de Récol'Terre ont bénéficié de l'expertise de Daisy Croquette (Ex-pression asbl), qui sait comment s'y prendre pour vendre des accidents de la route ...

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