Blog // Article
12 March 2020

Les petits déjeuners thématiques, des réunions pour penser plus loin que le bout de notre nez

Vous en connaissez beaucoup des entreprises où les travailleur·se·s se rassemblent pour discuter de questions de société? Où le personnel a l’occasion, pendant ses heures de travail, de s’informer sur les enjeux du monde actuel, de se questionner sur ses représentations, de réfléchir à des comportements citoyens et responsables ? Des entreprises où l’on n’est pas là seulement pour travailler, mais aussi pour participer à un projet de société ? Ne cherchez plus, cette entreprise, c’est le groupe Terre !

Le groupe Terre est surtout connu pour ses activités de récupération, des activités utiles à la société qu’il a développées avant tout afin de créer des emplois stables pour des personnes éloignées des circuits traditionnels de l’emploi. Derrière ce premier objectif, s’en cache un autre encore plus essentiel.

Insertion : former des travailleur·se·s ou des citoyen·ne·s ?

Dans un parcours d’insertion, l’emploi représente certainement une étape essentielle, mais – à nos yeux – pas suffisante. Notre démarche d’insertion vise à former des citoyen·ne·s actif·ve·s, à même de prendre leur place dans le monde. Prendre sa place, cela signifie s’informer, chercher à comprendre le monde dans lequel on vit, s’interroger de manière critique, faire des choix, participer au débat, défendre ses idées, accepter qu’il puisse y avoir d’autres points de vue, respecter les autres, faire valoir ses droits tout en assumant ses devoirs.

Prendre sa place, cela doit pouvoir se faire dans la vie privée, mais également au travail. Il n’y a pas de raison que la démocratie reste à la porte de l’entreprise. Voilà pourquoi les entreprises du groupe Terre fonctionnent selon un système de gestion participative basé sur la démocratie directe. Dans ce système, tou·te·s les travailleur·se·s ont le droit de participer à la gestion de leur entreprise et toutes les décisions importantes se prennent de manière collective.

Mais participer à la gestion d’une entreprise, ce n’est pas facile : cela nécessite des connaissances (savoirs), des capacités (savoir-faire) et des aptitudes (savoir-être). Pour les acquérir, l’ensemble du personnel suit chaque année un programme de 32 heures de formation à la gestion participative, un programme reconnu par le service de l’Éducation permanente de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Ces 32 heures de formation correspondent aux réunions organisées tout au long de l’année au sein des entreprises du groupe. Tout comme c’est en forgeant qu’on devient forgeron, c’est en participant qu’on apprend à participer. En écoutant les autres, en se confrontant aux chiffres, en donnant son avis, on apprend progressivement à prendre part à la gestion de son entreprise, à connaître les différents lieux d’informations et de décisions du groupe Terre et les questions qui sont traitées dans chacun d’eux.

Ces lieux d’informations et de décisions, nous vous les présentons à tour de rôle. Après l’Assemblée Générale, la Réunion de secteur et la Réunion Chiffres et Lettres, levons aujourd’hui le voile sur la Réunion Thématique.

La réunion thématique, c’est quoi ?

La réunion thématique fait partie des lieux d’informations et de décisions, mais à la différence des autres réunions, on y parle peu du groupe Terre et de ses activités. Le but est d’aborder des questions de société, de s’intéresser au monde qui nous entoure, aux enjeux auxquels le groupe est confronté dans son environnement, de traiter des valeurs qui nous animent. Les sujets abordés sont très divers, toujours en lien avec la charte du groupe Terre, ses missions, ses stratégies ou ses préoccupations du moment. Chaque année, un fil rouge relie entre eux les sujets abordés lors des différentes réunions thématiques.

Il s’agit également d’un moment convivial qui réunit généralement des travailleur·se·s de plusieurs entreprises du groupe, autour d’un café et d’un croissant. Il y a chaque année quatre réunions thématiques d’une heure. Elles se tiennent pendant le temps de travail et sont rémunérées.

Quelques sujets de réunions thématiques

Parmi les thèmes abordés dernièrement lors de ces petits déjeuners, on peut citer les monnaies locales (avec l’exemple du Val’heureux), les inégalités (avec un focus sur le forum économique de Davos, le rapport annuel d’Oxfam et le mouvement des gilets jaunes), le lien entre pauvreté et logement (avec des témoignages de représentants d’ATD Quart Monde et d’Habitat Service).

Dans un groupe d’entreprises qui s’est donné pour slogan « L’entreprise pour vivre dignement », il nous paraissait essentiel de réfléchir au concept de dignité, à son lien avec le travail. Ce micro-trottoir réalisé en préparation d'une réunion thématique avait pour but de lancer la discussion.

Cette année 2020 étant une année d’élections sociales, nous avons décidé de consacrer les réunions thématiques à une réflexion sur notre système de gestion participative en démocratie directe. En proposant des témoignages d’autogestion (comme ce reportage d’Un jour dans l’Info consacré à la fermeture de l’usine Salik en 1978), nous réfléchissons à nos propres pratiques, aux contraintes et aux enjeux de la participation.

Des outils favorisant la participation

Le but d’une réunion thématique, c’est avant tout de permettre à chacun·e de s’exprimer, de se questionner, de s’interroger sur ses représentations. Parfois, on donne quelques éléments d’analyse ou de théorie. On a généralement recours à des techniques d’animation variées, voire ludiques permettant au groupe de construire ensemble la réflexion. Ainsi, certaines réunions proposent un quizz, un blind-test, un portrait chinois, une réflexion en sous-groupes, ou l’utilisation d’un outil comme Mentimeter qui permet aux participant·e·s d’apporter leurs contributions en direct grâce à leur smartphone.

Et une fois la réunion terminée ?

Même si ce n’est pas une généralité, une réunion thématique peut déboucher sur des projets concrets portés par un petit groupe de travailleur·se·s. Par exemple, à la suite d’une réunion thématique sur les initiatives locales dans le domaine de l’agriculture, un potager collectif a vu le jour sur l’un de nos sites de Herstal (lire à ce sujet l’article Groupe Terre : naissance d’un potager collectif, paru dans le Journal Terre n° 158 Égalité, choix, valeurs… Donner du sens aux salaires).

Pour découvrir d’autres lieux d’informations et de décisions du groupe Terre, rendez-vous dans un prochain article.

Blog // Article
13 December 2018

Les aides structurelles: un soutien indispensable pour l'insertion par le travail

Le marché impose aux entreprises de se réinventer régulièrement. C’est un défi supplémentaire pour celles qui, de surcroît, visent l’insertion par le travail. Des dispositifs d’aide structurelle sont indispensables pour leur permettre de réaliser leur mission sociale tout en restant compétitives. Au sein du groupe Terre, cela concerne près de 300 travailleurs, notamment dans le cadre de nos métiers de récupération des textiles usagés et du papier-carton ainsi que du reconditionnement de cartouches d'encre. Ces activités visent des emplois durables et non "tremplin".

Par exemple, la mesure « SINE » finance le parcours d’insertion par la réduction de cotisations sociales et l’intervention d’une allocation de travail. La régionalisation du financement de la mesure « SINE » introduit une période d’incertitude néfaste pour les entreprises qui en bénéficient.

Il en est de même pour la réforme des APE (Aides à la Promotion de l’Emploi). Elles sont largement utilisées par le secteur associatif. Elles permettent l’insertion des publics fragilisés mais aussi le soutien au secteur du logement, de la culture, de l’éducation, de la formation, etc.

Enfin, citons les clauses sociales dans les marchés publics, cadrées par la directive européenne 2004/18/C.

Mobilisez-vous

Restez connecté à nos projets, rejoignez notre communauté

Rejoindre

Abonnez-vous à notre newsletter, recevez notre actualité

S'inscrire

Roulez pour le groupe Terre, pédalez en cuistax

Visitez le site